Suivis ... Jamais rattrapés
2 Juin 2022
Après une première avancée encourageante dans le décodage des suivis, la question de la validation des résultats s'est posée. Faute de références, il n'était guère possible d'aller beaucoup plus loin.
Un incroyable coup de chance m'a enfin permis de reprendre mes investigations. Sur la suggestion de Jean-Baptiste, j'ai entrepris d'explorer les vieux scripts TCL conservés dans le vieux CVS du vieux LAL. J'y ai trouvé plusieurs références à des fichiers SLC utilisés dans le processus de construction de courbes de lumière, à destination semble-t-il d'un serveur, autrefois hébergé à Saclay et aujourd'hui disparu.
Ces fichiers SLC présentent trois particularités :
- ils miment l'organisation des courbes de lumière, à savoir un fichier par étoile et un catalogue résumant les principales caractéristiques des étoiles par quart de CCD, avec regroupement des mesures rouges et bleues
- ils sont en ASCII, donc directement lisibles
- ils semblent contenir des valeurs "brutes" puisque les scripts TCL convertissent ces valeurs avant de générer les courbes de lumière.
Il pourrait donc s'agir du chaînon manquant entre les suivis et les courbes de lumière, LA référence tant cherchée pour valider le décodage des suivis binaires.
Les fichiers SLC et leurs catalogues sont organisés en colonnes, évidemment non commentées. Mais la lecture des scripts TCL et la comparaison de certaines valeurs avec le décryptage des suivis binaires permettent d'intuiter certains éléments :
- les positions des étoiles dans les fichiers SLC sont exprimées en X Y relativement aux images de référence "x", c'est-à-dire tournées de 90° par rapport aux images calées "c" ou "w"
- la conversion de la position d'une étoile est réalisée par le programme xy2sky de la suite WCS Tools après permutation des X et des Y et décalage de la taille de l'image de référence
- le programme xy2sky est alimenté par une requête à l'une des tables "pirates" installées dans la base de données au mépris de toutes les conventions établies pour ErosDb - et évidemment non commentées - l'utilisation en est obscure et ne semble plus fonctionnée
- l'usage de xy2sky avec les images calées "c" ou "w" fonctionne parfaitement, avec toutefois de légères différences entre "c" et "w", résultat sans doute d'un meilleur calage dans "w"
- plus important, xy2sky fonctionne aussi en s'appuyant sur les seuls entêtes de ces images, ce qui évite le transfert de lourds fichiers
- la conversion des dates d'observation en EHJD se fait par recherche dans une liste de dates préétablies (peut-être celle d'Alain et de Jean-Baptiste ?)
En simplifiant et en étendant les possibilités de l'outil d'exploration des suivis, j'ai constaté que les numéros des étoiles et de leur étoile associée dans l'autre couleur ainsi que les X Y trouvés dans les catalogues SLC étaient conformes aux valeurs issues du décodage des suivis. On peut observer que toutes les étoiles répertoriées dans les suivis d'un même quart de CCD n'apparaissent dans le catalogue SLC, mais que toutes les étoiles référencées dans ce catalogue SLC sont bien découvertes durant le décodage des suivis. Les étoiles douteuses ont probablement été éliminées lors de la création des SLC.
Ce premier résultat est encourageant. Il permet d'établir que le décodage de la table des étoiles des suivis, c'est-à-dire la liste des Star Infos, se fait correctement.
La vérification suivante a porté sur la comparaison entre la liste des images indiquées dans les SLC et celle résultant du décodage des suivis. Dans les SLC, les mesures sont datées par une chaîne de caractères très spécifique : les derniers caractères des noms des images analysées. Cette chaîne de caractères est codée dans un champ de la structure Time Info des suivis binaires. La comparaison des deux listes montre que toutes les références présentent dans les SLC existent dans les suivis. En d'autres termes, le décodage des Time Infos des suivis est correct. C'est d'autant plus important que les Time Infos et les Mesures sont entrelacées dans un processus assez complexe. Arriver à obtenir des listes de références d'image conforme indique que la navigation dans ces structures entrelacées fonctionne.
Cette étape permet par ailleurs de comprendre la signification de la deuxième colonne des SLC : il s'agit de la date MJD Eros 2, comptée du 1 Janvier 1990, à 0 heure. On retrouve les mêmes valeurs dans les SLC et dans le décodage des suivis.
Une autre vérification à consister à confronter les références d'image des SLC et des suivis aux dates EHJD des courbes de lumière. Cette comparaison s'appuie sur la liste des références de dates établie par Alain et Jean-Baptiste. Et fort heureusement, il y a accord.
Il en va de même pour ce qui est de la comparaison des Ra/Dec des courbes de lumière avec les positions des étoiles, exprimées en X/Y, après conversion grâce à xy2sky et les entêtes des images "c".
Une dernière vérification intéressante a été de confronter la liste des images décrites dans un suivi à la liste des images traitées lors de la création du suivi grâce à la table ErPhotometries de la base de données. Il existe plusieurs références dans la base de données qui ne correspondent à aucune image des suivis, mais soit l'enregistrement dans la base de données indique que la photométrie a échoué, soit les valeurs sont aberrantes, ce qui explique que le résultat soit absent du suivi.
Il reste encore à valider le décodage des Mesures, mais à ce stade les investigations semblent bloquées. Ce qui est certain c'est que les valeurs des flux extraits des SLC pour déterminer les magnitudes des CDL ne correspondent pas au contenu des suivis. Soit le décodage des Mesures est erroné ; soit, et c'est à mon sens le plus probable, les valeurs contenues dans les SLC résultent d'un traitement additionnel réalisé lors de la génération des fichiers.
Mais tout espoir n'est pas perdu, le CVS est vaste et il reste des TCL à explorer...