Les mystérieuses courbes d'Eros

28 mai 2022

Déçu.

Mais alors là, dé-çu, je suis... !

Jusqu'ici, la construction des courbes de lumière représentait un secret si mystérieux qu'il ne pouvait être partagé que par quelques initiés, dignes héritiers des Premiers. Je m'imaginais la mise en oeuvre de processus d'une haute complexité, touchant presque à l'alchimie, expression du génie intrinsèque de l'expérience.

Un script TCL...

La génération d'une courbe consiste à lire cinq ou six colonnes d'un fichier ASCII, à récupérer dans une liste de dates de référence l'EHJD de l'observation, à convertir les X/Y en Ra/Dec grâce au programme xy2sky de la suite WCS, et à bidouiller les flux pour en faire des magnitudes via une procédure - déclarée par l'auteur lui-même plutôt ugly.

Ces fichiers ASCII sont appelés SLC. Il y a un fichier SLC par étoile suivie, plus un catalogue regroupant différentes informations sur ces étoiles, par quart de CCD, avec regroupement des mesures rouges et bleues. Les SLC sont organisés en colonnes de valeurs à raison d'une ligne par observation. Bien évidemment, aucune colonne n'est commentée (noblesse oblige!). La lecture du script TCL trouvé dans le vieux CVS du vieux LAL m'a permis d'intuiter le sens de certaines colonnes. Les autres restent encore obscures. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot!

A la lecture d'autres scripts, il semble que ces fichiers SLC résultent de traitements opérés à partir des suivis, certainement de la plus haute complexité, quintessence du génie Eros. Je n'ai pas identifié le programme. Aurait-il été détruit - comment tant d'autres? Tout espoir n'est sans doute pas perdu, mais il est permis d'être inquiet. Hélas...

Il perdure dans le HPSS quelques traces de cette haute époque sous la forme d'archives. Curieusement, si les principaux programmes majeurs sont plutôt bien représentés, LMC semble avoir particulièrement souffert puisque je n'ai pu identifier que 6 quarts de CCD : 019 0 m, 019 4 k, 034 0 m, 034 4 k, 048 0 m, 048 4 k. Compte tenu de la distribution très improbable de ces quarts, on peut penser qu'il s'agissait d'études.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas conserver précieusement ces reliques d'un glorieux passé, en les gardant bien au chaud dans Irods. Il faudra aussi documenter dans les pages ErosDbWeb ce qui peut l'être. Et vérifier si tous les SLC sont bien au même format. Il existe un distinguo entre ce qu'on peut lire dans les quelques fichiers étudiés et le script TCL.

Une petite énigme agaçante : trouver la signification de l'acronyme SLC. Si le L et le C laissent penser à Light Curve, quid du S: Suivi, Server, Sympathique, Silly... L'idée de Server pourrait se justifier par le fait que le script étudié fait référence à un mystérieux serveur de Saclay. Serveur qui ne répond plus aux pings.

Dommage. Cela aurait été une bonne chose de sauvegarder toutes les données traitées.